Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ.» Philippiens 1:6 - Poèmes chrétiens -
Jesuis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne oeuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ (Philippiens 1:6). L orsque vous avez reçu le Saint-Esprit, Il a commencé Son ministère en vous. Il n’est pas niché dans un coin à l’intérieur de vous; Il est à l’oeuvre en vous. La Bible dit que Jésus-Christ s
25août 2016 - Philippiens 1:6 a commencé cette bonne oeuvre la rendra parfaite 25 août 2016 - Philippiens 1:6 celui qui a commencé cette bonne oeuvre la rendra parfaite Pinterest. Aujourd'hui. Explorer. Lorsque les résultats de saisie automatique sont disponibles, utilisez les flèches Haut et Bas pour vous déplacer et la
Lapôtre Paul dit dans Philippiens 1.6 que Celui qui a commencé en vous cette bonne oeuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ. La capacité de Dieu à réussir ce qu’Il entreprend est bien supérieure à votre incapacité à réussir par vos propres efforts. Sa Parole puissante est à l’oeuvre en vous et Dieu ne doute pas de Lui-même !
LeMaître a un plan directeur pour votre vie et c’est un bon plan – bien au-delà de tout ce que vous pouvez demander ou penser. C’est donc avec cette confiance que nous pouvons commencer notre voyage, en regardant vers Jésus, le chef et le consommateur de notre foi – sachant que Celui qui a commencé une bonne œuvre en vous, l’achèvera jusqu’au
Vay Tiền Trả Góp Theo Tháng Chỉ Cần Cmnd Hỗ Trợ Nợ Xấu. Dans le premier verset de l’Évangile selon Marc, l’auteur nous met l’eau à la bouche il annonce déjà les grands thèmes de l’ensemble de son récit. Bienvenue dans Parle-moi maintenant, le podcast qui vous fait parcourir le Nouveau Testament un livre à la fois. Dans l’épisode 1 de PMM sur l’Évangile selon Marc, nous verrons à quoi correspond le commencement » dont Marc nous parle dans le premier verset de son livre. Nous verrons également ce que Marc entend par le terme Évangile » Bonne Nouvelle, qui provient de l’Ancien Testament. Enfin, nous découvrions pourquoi Marc introduit d’entrée de jeu deux titres de Jésus Messie et Fils de Dieu. Dans cette autre vidéo, je vous présente la série sur l’Évangile selon Marc. Dans les coulisses de l’épisode sur Marc Dans l’article 14 difficultés d’interprétation en Marc », je vous amène dans les coulisses de la production de la première vidéo de la série avec un billet sur les nombreux défis d’interprétation que pose le texte de Marc C’est en quelque sorte un complément du premier épisode de PMM-Marc, pour celles et ceux qui souhaitent creuser le texte encore davantage. Le message central de Marc Revivons les débuts de l’annonce de la Bonne Nouvelle par excellence. Questions pour échange en groupe ou réflexion personnelle Marc Quel personnage autre que Jésus le commencement » de la Bonne Nouvelle met-il en scène?Qu’est-ce qui a commencé exactement avec Jean-Baptiste?Quel éclairage le prophète Esaïe apporte-t-il sur le sens de l’expression la Bonne Nouvelle »?Pour Marc, que communique le titre de Messie »?Pour Marc, que communique le titre de Fils de Dieu »?À quels points cruciaux de l’Évangile selon Marc les titres de Messie » et de Fils de Dieu » interviennent-ils?Dans quel sens pouvons-nous affirmer que Marc annonce le thème du récit de Marc?En tant que chrétiens, comment nous assurer que la Grande Nouvelle conserve sa fraîcheur dans notre vie?Pour Marc, le contenu de la Bonne Nouvelle fait du bien dans l’épreuve. Qu’en pensez-vous? Songez-vous à des exemples qui illustrent cette réalité?Concrètement, comment veiller à ce que la diffusion de la Bonne Nouvelle ait non seulement un commencement avec Jean-Baptiste, mais aussi une suite par notre intermédiaire?Quelles raisons avons-nous d’adorer Jésus? Où trouver tous les billets de Parle-moi maintenant avec vidéos + autres ressources? Rendez-vous à cet endroit précis sur mon blog. Vous y trouverez tous les billets PMM sur l’Évangile selon Marc et ceux sur la lettre aux Éphésiens. Comment vous abonner à la série d’épisodes sur l’Évangile selon Marc? L’option qui offre le plus de ressources consiste à vous abonner à mon blog c’est-à-dire à ma newsletter. Vous pouvez le faire au bas de cet article. Ainsi, vous recevrez par courriel non seulement les vidéos de la série, mais aussi les billets complets de la série, qui comprennent des compléments par exemple des questionnaires qui peuvent être utilisés pour la réflexion personnelle ou les échanges en groupe; mes autres billets sur plein de sujets, y compris bien entendu sur l’évangile selon Marc j’ai pas mal d’idées en gestation pour compléter les vidéos par des articles sur des aspects précis de cet Évangile. Mais ce n’est pas votre seule option! Vous pouvez aussi vous abonner à la chaîne YouTube de le podcast sur la page Facebook Parle-moi maintenantvous abonner au podcast Parle-moi maintenant sur ITunesvous abonner au podcast Parle-moi maintenant sur Spotify audio seulement Mes autres billets sur l’Évangile selon Marc Quelles langues parlait Jésus?Le podcast Parle-moi maintenant » lance une série sur l’Évangile selon Marc14 difficultés d’interprétation en Marc d’autres billets encore! Une sélection de mes billets sur les autres évangiles Matthieu, Luc et Jean et sur les quatre Évangiles Pourquoi Matthieu parle-t-il du royaume des cieux » plutôt que du royaume de Dieu »?La règle d’or » de Jésus Matthieu comparée à la règle d’argent » et à nos règles d’argile »Apprendre à faire le plein » avec Marthe et Marie Luc foi sans la reconnaissance est morte Luc trois significations du lavement des pieds Jean tant de chrétiens persécutés dans le monde? Réponse de Jésus Jean – questions incontournables pour une étude approfondie des évangilesLes évangiles se contredisent-ils? Réponse imagée d’Henri Blocher Version écrite de l’épisode PMM Marc 1 transcription Dans ce tout premier épisode de cette série sur l’Évangile selon Marc, on se limite à un seul verset, le premier, qui nous permet d’aborder le commencement » de la Bonne Nouvelle de Jésus. Ce premier verset ouvre la première grande partie du récit de Marc, qui couvre les versets 1 à 13, et qui constitue le prologue de l’œuvre. Dans ce prologue, Marc nous présente le début de la proclamation de la Bonne Nouvelle. En gros, dans ce prologue, Marc nous dit revivons ensemble les débuts de l’annonce de la Bonne Nouvelle par excellence! Les 8 premiers versets du prologue de Marc mettent en scène le précurseur de Jésus, Jean-Baptiste. Lisons le verset 1 1 Ici commence l’Évangile de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Ce verset annonce à la fois le thème du récit entier de Marc l’Évangile de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, et le thème plus précis du prologue Ici commence l’Évangile de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. » C’est le prologue qui nous parle du commencement. Mais l’ensemble de l’œuvre de Marc présente l’Évangile de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Ce premier verset est court mais très dense, chaque mot est important. C’est la raison pour laquelle je vais m’arrêter sur chaque expression. Le tout premier mot du texte, traduit par Ici commence » dans la version du Semeur, signifie littéralement commencement » ou début ». Ce début de l’Évangile concerne en bonne partie le personnage de Jean-Baptiste. Dans les versets 2 et 3, on verra que l’Ancien Testament annonce sa venue. Dans les versets 4 à 8, Marc décrit son activité et il résume son message. Et dans les versets 9 à 11, Jean-Baptiste baptise Jésus dans le Jourdain. Tout cela, c’est le commencement de la proclamation de la Bonne Nouvelle, et c’est avec Jean-Baptiste que cette proclamation commence. Bien entendu, les prophètes de l’Ancien Testament ont aussi annoncé par avance la Bonne Nouvelle en leur temps, mais là, quelque chose a changé. Une nouvelle situation apparaît. Les promesses des prophètes sont en train de s’accomplir. La réalité attendue est présente. Jésus est là. Le mot suivant c’est l’Évangile. Ce qui commence, c’est l’Évangile. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le mot Évangile » ne fait pas référence ici au livre qu’on est en train de lire. Il n’avait pas encore ce sens à l’époque. Le terme Évangile signifie bonne nouvelle ». On pourrait traduire littéralement commencement de la Bonne Nouvelle ». Mais comment comprendre cette expression? Pour Marc, l’Évangile, c’est la proclamation de la Bonne Nouvelle par des messagers. Une heureuse nouvelle est proclamée haut et fort, et c’est cela, l’Évangile. Dans son prologue les versets 1 à 13, Marc nous raconte comment la proclamation de la Grande Nouvelle a commencé et c’est avec Jean-Baptiste qu’elle a débuté. Mais d’une certaine manière, Marc annonce ici le thème central de l’ensemble de son récit dans la suite, il va développer le contenu de la Bonne Nouvelle à propos de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Il va décrire sa vie, sa mort et sa résurrection. C’est aussi cela, la Bonne Nouvelle. Autre point important quand il nous parle de l’Évangile ou de la Bonne Nouvelle, Marc s’appuie sur l’Ancien Testament. La Bonne Nouvelle annoncée dans l’Ancien Testament, c’est parfois la nouvelle selon laquelle Dieu a vaincu ses ennemis, il est victorieux, comme dans le Ps procure le salut comme dans le Ps Mais les textes les plus importants de l’Ancien Testament à ce propos proviennent du prophète Esaïe, car Marc s’appuie souvent sur ce prophète, comme on le verra dès les versets 2 et 3 du prologue. Or Esaïe annonce une ère future de rétablissement pour le peuple de Dieu. Le problème, c’est que le peuple d’Israël s’est éloigné de son Dieu et qu’il en a payé le prix en subissant l’exil et la domination des puissances étrangères. Dans le livre de la consolation d’Esaïe qui commence au chapitre 40 du prophète, une bonne nouvelle d’envergure inégalée est proclamée Dieu vient pour porter secours à son peuple et pour le rassembler de nouveau Es Et ce projet ne se limite pas à Israël toutes les nations peuvent y participer. Dieu régnera et il manifestera son règne de façon particulièrement éclatante Es Et Dieu sauvera son peuple Es Tous ces textes nourrissent au sein d’Israël l’espérance de l’intervention de Dieu en faveur de son peuple dans le futur. Un jour, Dieu viendra, Dieu régnera, Dieu sauvera. L’Évangile de Jésus-Christ pour Marc, c’est la proclamation de l’accomplissement de toutes ces promesses d’Esaïe dans la personne de Jésus. Marc nous parle de l’Évangile de Jésus-Christ, ou de l’Évangile à propos de Jésus-Christ. Jésus est appelé Christ » Christos en grec, qui signifie Messie » ou oint » une référence à celui qui a reçu une onction, souvent une onction d’huile, pour signaler son rôle particulier. Pour Marc, ce n’est pas tout simplement un nom Jésus-Christ ». Non, pour Marc, c’est aussi un titre il est le Messie. On pourrait d’ailleurs traduire l’Évangile de Jésus, le Messie, le Fils de Dieu ». Dans quel sens Jésus est-il le Messie? Encore une fois, c’est un concept juif, qui provient de l’Ancien Testament. Marc a à l’esprit un personnage royal. Jésus est le grand Roi qui vient exercer le Règne de Dieu sur terre. Il est le descendant de David, l’héritier du trône davidique. En 2 S Dieu avait promis à David que son trône serait inébranlable à perpétuité. Cette promesse a nourri les attentes messianiques auprès du peuple. Enfin, Dieu a accompli sa promesse Jésus est le Messie promis. Et il est aussi le Fils de Dieu. Qu’est-ce que cela signifie? Dans l’Ancien Testament, le roi est parfois appelé le fils de Dieu, parce qu’il est le représentant de Dieu sur terre. C’est le cas en 2 S et dans le Ps En d’autres termes, fils de Dieu », c’est aussi une expression messianique qui désigne le grand Roi choisi par Dieu. Et dans certains textes de l’Évangile selon Marc, les expressions Messie » et Fils de Dieu » sont très proches les 2 indiquent que Jésus est le Roi par excellence! Pourtant, aux yeux de Marc, l’expression Fils de Dieu » implique davantage que la royauté de Jésus. Elle souligne sa dignité infinie, sa proximité de Dieu, sa relation tout à fait unique avec Dieu. L’expression Fils de Dieu » suggère même la divinité de Jésus. Et effectivement, dans la suite du récit, on verra que Jésus accomplit régulièrement ce que Dieu seul peut accomplir. Enseignements principaux Que devons-nous retenir de ce verset si riche? 4 enseignements principaux Premièrement, un nouveau commencement s’est produit dans l’histoire. Il s’est passé quelque chose d’inédit. Et c’est autour de la figure de Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus, que ce nouveau commencement a lieu, comme on le verra dans les versets suivants. Deuxièmement, l’œuvre de Marc présente le contenu de la Bonne Nouvelle. Voilà un bon résumé du récit de Marc. Marc nous raconte la vie, la mort et la résurrection de Jésus. C’est cela, la Bonne Nouvelle qui mérite d’être proclamée haut et la Bonne Nouvelle est centrée sur une personne. La personne de Jésus. L’Évangile selon Marc est comparable à certains égards aux biographies gréco-romaines de l’époque. C’est la vie de Jésus que nous allons découvrir dans la suite. Ne nous focalisons donc pas trop sur les disciples, sur les adversaires de Jésus, sur Satan et les démons. Gardons plutôt les yeux fixés sur Jésus. Le personnage principal, c’est quatrièmement, Marc donne à ses lecteurs les clés pour comprendre qui est vraiment Jésus. En tant que lecteurs de Marc, nous sommes privilégiés. Marc nous dit dès le départ que Jésus est le Messie et qu’il est le Fils de Dieu. Nous avons donc une longueur d’avance sur de nombreux personnages du récit, qui auront bien du mal, comme nous le verrons, à saisir l’identité réelle de Jésus. Pour Marc, Messie » et Fils de Dieu » sont les 2 titres principaux de Jésus. La preuve? En Mc un tournant majeur du récit se produit lorsque Jésus demande aux disciples Et vous, qui dites-vous que je suis? » Pierre répond Tu es le Messie. » Et le point culminant de la révélation de l’identité de Jésus, c’est quand l’officier romain, voyant de quelle manière Jésus est mort, s’exclame en Mc Cet homme était vraiment le Fils de Dieu! » Ainsi en Mc Marc annonce déjà les temps forts de son récit. Applications pratiques Enfin, comment pouvons-nous nous approprier ce premier verset? Quelques applications pratiques. Premièrement, le récit de Marc reste une grande nouvelle pour les chrétiens. Cette nouveauté extraordinaire, on peut la revivre chaque jour. Ne laissons pas la Bonne Nouvelle perdre de sa fraîcheur dans notre cœur. Deuxièmement, le rappel de la Bonne Nouvelle fait du bien dans l’épreuve. Marc écrit sans doute depuis Rome, et il a tout particulièrement à l’esprit des chrétiens qui ont subi ou qui subiront la persécution dans la capitale de l’empire ou ailleurs. Il est convaincu que le message concernant le message de Jésus le Messie, le Fils de Dieu, est une véritable puissance qui peut soutenir les gens dans les pires épreuves, en particulier dans la persécution à cause de l’ la proclamation de la Bonne Nouvelle se poursuit avec nous. Si la proclamation de la Bonne Nouvelle a eu un commencement avec Jean-Baptiste, elle a aussi une suite. A nous de prendre le quatrièmement, Marc invite les chrétiens à adorer Jésus. C’est déjà le cas quand il déclare que Jésus est le Fils de Dieu. Préparons-nous à contempler la grandeur de Jésus dans la suite du récit. Prière Père céleste, merci d’avoir permis que la Bonne Nouvelle de Jésus parvienne jusqu’à nous. Au fil de notre lecture de l’Évangile selon Marc, aide-nous à saisir davantage le sens et les implications de cette Grande Nouvelle. Qu’elle nous console dans nos épreuves et nous soutienne dans nos difficultés. Aide-nous également à contribuer à sa diffusion à notre échelle. Enfin, nous voulons adorer Jésus, le Fils de Dieu. Amen.
Rousseau et la bonté de l'homme Une philosophie de la Nature La philosophie de Jean-Jacques Rousseau constitue un immense édifice moral et politique. Depuis l’Emile jusqu’au Contrat Social, Rousseau présente sa vision de l’humanité, telle qu’elle devrait être et non telle qu'elle est. Rousseau a en effet une profonde répugnance pour l’homme tel qu’il est. Sa philosophie est donc essentiellement réactive, réactionnaire par rapport à la société et à la modernité. Dans le Discours sur l’origine des inégalités parmi les hommes, Rousseau développe une longue métaphore sur l’état de nature, l’état pré-civilisationnel. Il décrit cette période de l’humanité comme étant la plus heureuse. Dans l'état de nature selon Rousseau, l’homme est autosuffisant et cultive son bout de terre librement. Etre stupide, robuste et candide, l’homme naturel vit aussi dans un étatpré-moral, ne connaît ni le bien ni le mal et vit au présent, sans soucis des lendemains. Contre Hobbes, qui décrit l’état de nature comme un état de guerre, Rousseau fait de l’état pré-civilisationnel une époque de paix et défend le mythe du bon sauvage, être pur face à l’homme civilisé perverti. Cet état de nature idyllique étant posé, Rousseau décrit comment cet état a été rompu par la propriété. Un beau jour, raconte Rousseau, il se trouve quelqu’un pour affirmer son droit sur une terre cultivable la propriété est née, et avec elle la déchéance de l’humanité. L’avènement de la propriété génère des inégalités et une concurrence nouvelle entre les hommes. La société civile est instituée, volant à l’homme son innocence. Une pensée pessimiste sur la civilisation Contre Hobbes, Rousseau s’illustre par un profond pessimisme sur l’histoire en général et la civilisation en particulier, et un optimisme assez béat sur la nature humaine sa “naiveté” sera d'ailleurs moquée par Voltaire. “Je voudrais qu’on choisît tellement les sociétés d’un jeune homme, qu’il pensât bien de ceux qui vivent avec lui ; et qu’on lui apprît à si bien connaître le monde, qu’il pensât mal de tout ce qui s’y fait. Qu’il sache que l’homme est naturellement bon, qu’il le sente, qu’il juge de son prochain par lui-même ; mais qu’il voie comment la société déprave et pervertit les hommes ; qu’il trouve dans leurs préjugés la source de tous leurs vices ; qu’il soit porté à estimer chaque individu, mais qu’il méprise la multitude ; qu’il voie que tous les hommes portent à peu près le même masque, mais qu’il sache aussi qu’il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre” Pour aller plus loin sur Rousseau La Philosophie de Rousseau Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes Le Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau La question démocrate chez Rousseau Citations de Rousseau Résumé des Rêveries Oeuvre complète de Jean-Jacques Rousseau Les Confessions Musée ROusseau de Montmorency
Pour celui qui connaît l’œuvre de Van Gogh, ce tableau est plutôt surprenant, tant il s’éloigne de la production habituelle du peintre d’Arles et de la Provence. Les teintes sont froides, et presque un peu désagréables. Le bleu dessine les rochers d’un défilé encaissé, qui salit les couleurs. Vert terne de l’herbe, gris déprimant de la montagne, ocre livide du chemin, jaune sale du puis, le peintre a représenté la scène avec un peu trop de fidélité. A-t-on besoin de distinguer les silhouettes fantomatiques du prêtre et du lévite pour se souvenir qu’ils ont laissé pour mort l’homme qui a été dévalisé par les brigands ? Que vient faire ce coffret, qui rappelle avec naïveté qu’il y a bien eu vol ? Et pourquoi avoir voulu coller autant au texte, jusqu’à en représenter les moindres détails ? La monture, les bandages imbibés de vin, pour soulager le plus rapidement possible les plaies, et jusqu’à l’étrange turban rouge qui rappelle que le sauveur est bien un Samaritain, c’est-à-dire un étranger... Tout cela sent l’image pieuse, et peut-être Van Gogh s’est-il souvenu de gravures aperçues dans les livres de catéchisme, lui qui a voulu devenir économie de moyens, presque maladroite, permet au regard de se focaliser sur le centre du tableau l’étonnant geste qu’accomplit le Samaritain envers le Judéen blessé. Quel drôle de couple ! D’un côté, le geste vigoureux, presque brutal, qui charge l’homme sur le cheval comme on le ferait d’un paquet. Et de l’autre, l’étrange position du blessé ainsi recroquevillé, la main droite passée autour du cou de son sauveur, le bras court, il paraît nettement plus petit, comme un enfant. Le bandeau sur la tête, et le tissu du même bleu que le pantalon du Samaritain, si étrangement noué autour de ses jambes, achèvent de lui donner un air faisant, Van Gogh nous administre une magistrale leçon sur la charité. Qui est mon prochain ? », demande le légiste. C’est sa question qui pousse Jésus à commencer sa parabole. Le peintre répond en suivant le fil de la parabole. Mon prochain, c’est celui que je rencontre sur mon chemin, et non celui avec qui j’entretiens des liens. Mon prochain, c’est celui qui a tellement besoin de moi qu’il est impuissant, comme un enfant. Et surtout, mon prochain, c’est celui que je viens secourir sans exiger de lui en échange des sentiments ou de la reconnaissance. Le bon Samaritain ne fait que son devoir, tout, dans l’attitude que lui a donnée Van Gogh, le AUSSI DE VAN GOGH → Une Piétà→ Les premiers pas
Texte intégral 1- L'homme, image de Dieu 1La conception de l'homme en tant qu'image de Dieu caractérise l'œuvre de Comenius. L'homme a été fait à l'image de celui qui est depuis le commencement », affirme-t-il dès la dédicace de La grande didactique par. 2. C'est de cette notion qu'il tire les principales caractéristiques qui constituent l'homme dans son humanité et les différentes directions dans lesquelles l'éducation devra développer l'enfant. 1 Genèse, I, 26 et 27 ; trad. Bible de Jérusalem. 2 Tresmontant C., Les origines de la philosophie chrétienne. coll. Je sais, je crois, no 11, p. 97 3 Ibid., p. 98. 4 Ibid, p. 100. 5 Ibid., p. 99. 6 La sainte Bible, trad. en français, sous la direction de l'Ecole biblique de Jérusalem ; Paris, 19 ... 7 Saint Thomas, Somme théologique, Ia, art. 4 ; trad. A. Patfoort, o. p. Ed. du Cerf, p. 96-97. 2Cette expression, on le sait, est tirée de la Bible Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance. … Dieu créa l'homme à son image »1. Claude Tresmontant nous explique comment il faut comprendre cette affirmation Les théologiens qui ont composé ce texte se sont opposés expressément aux mythes égyptiens et assyro-babylomiens qui enseignaient la consubstantialité de l'âme à la divinité. L'homme n'est pas créé avec la substance de Dieu… »2. Dans son sens positif cette expression affirme que l'homme n'est pas une créature comme une autre ; … il n'est pas un vivant comme un autre. … Il est appelé à une destination proprement surnaturelle, c'est-à-dire qu'il est appelé … à devenir participant de la nature même de Dieu »3, il a la capacité de s'ouvrir à une dimension surnaturelle »4. Cette destinée proprement surnaturelle de l'homme comporte certaines implications et présuposés métaphysiques »5 notamment la raison et la liberté. De même la Bible de Jérusalem précise Ce rapport à Dieu sépare l'Homme des animaux. Il suppose de plus une similitude générale de nature intelligence, volonté, puissance »6. Pour saint Thomas, c'est en vertu de sa nature intellectuelle que l'homme est dit à l'image de Dieu » ; par conséquent le trait par lequel la nature intellectuelle imite Dieu le plus étroitement, c'est celui par lequel Dieu se connaît et s'aime lui-même. L'image de Dieu dans l'homme pourra donc se vérifier … d'abord en ce que l'homme a une aptitude naturelle à connaître et à aimer Dieu »7. 8 La pampédie, II, 23 ; trad. Unesco. 9 Ibid III, 27 ; trad. Unesco. 3Comenius a fait siennes ces idées et elles lui serviront de guide dans le programme qu'il fera de l'éducation religieuse. Parce qu'il est son image, Dieu aime l'homme plus qu'il n'aime toute autre créature ; l'homme, dira notre théologien, est l'objet de la dilection de Dieu »', pour lui cette expression est synonyme de celle d'image de Dieu. et IV. 2. A son tour, l'homme ne trouve aucune créature qu'il puisse considérer comme son égal, et il ne pourra trouver de satisfaction qu'en Dieu. Tous ses désirs doivent donc être tournés vers Dieu comme vers leur source ibid. V, 18. Car Dieu est le but ultime de toutes choses, vers qui tend tout ce qui est visible et invisible ; … il est la source vive de tout ce qu'il y a de bon »8, la source de vie d'où partent les autres sources de tout ce qui nous réjouit » Pans. prod. 34. Comenius constate même que si les arts extérieurs et la science procurent à l'esprit un délassement agréable, ils ne le rassasient pas »9. Trop peu d'hommes ont mis leur fin en Dieu ; par contre, trop d'hommes se recherchent eux-mêmes et ne poursuivent que leur succès et leur propre gloire. Agissant ainsi, ils aboutissent à une impasse. C'est pour cela que l'on voit tant d'iniquités sur la terre Pans. prod. 33, 34. Pour couronner le tout, Dieu appelle l'homme à vivre avec lui durant toute l'éternité, à partager sa vie Te enim mihi destinati aeternitatis consortem » 3 ; cf aussi II, 9. 10 L'école de la petite enfance, IV, 5 ; trad. Prévot. 4C'est donc tout le sens de la vie de l'homme qui est concerné par cette ressemblance avec Dieu. Les rapports de l'homme avec Dieu en sont profondément marqués ; non seulement ce ne sont pas des rapports de conflit, ni même de purs rapports de serviteur à maître, mais des rapports de confiance et d'amour. L'homme est convié à faire briller en lui, selon sa mesure d'être fini, les qualités que Dieu possède dans leur perfection. La religion n'est rien d'autre que cette attitude qui consiste à se tourner vers Dieu comme vers sa source ; de toute façon Dieu attire l'homme parce que chacun aime ce qui lui ressemble 18 et s. La religion est le respect intérieur qui met en relation l'homme avec la divinité » ibid. IV, 6. Ce n'est pas que notre auteur soit théiste ; il croit fermement au Christ Rédempteur, il a un credo et il pratique un culte. Mais, pour lui, l'appartenance à telle ou à telle église est secondaire par rapport à cette attitude qui, elle, est fondamentale. Voici d'ailleurs comment il définit la piété La piété vraie et salutaire consiste en trois points 1-notre cœur respecte Dieu toujours et en tout lieu et Le recherche dans toutes ses actions ; 2-notre cœur découvre les traces de la Divine Providence et suit partout Dieu avec crainte, amour et respect ; 3-partout il se souvient de Dieu, converse avec Lui, se joint à Lui et parvient à la paix et à la consolation »10. 11 De utilitate accuratae Rerum…, in pars IIΙ, 5Quels sont les traits particuliers que l'homme devra développer pour ressembler à Dieu ?. Au début de son œuvre, dans La grande didactique surtout, l'auteur pense avec saint Thomas que l'homme ressemble le plus à Dieu par sa nature intellectuelle Dieu, ayant créé l'homme à son image, il l'a doté d'un esprit MENS » 3 ; et encore Il a plu à Dieu de créer des êtres à son image c'est-à-dire raisonnables et capables de participer à sa sagesse et à son immortalité » Via lucis, L'Homme doit donc chercher à acquérir beaucoup de connaissances Le fait que l'homme naît capable d'acquérir des connaissances est évident puisque, en premier lieu, il est l'image de Dieu. Or, une image, pour être exacte, doit nécessairement reproduire les traits du modèle, autrement ce n'est plus une image. Et comme parmi les autres attributs de Dieu, c'est l'omniscience qui domine, elle doit nécessairement se refléter de quelque façon dans l'homme » V, 4. Le pédagogue mettra cette omniscience en relief chaque fois qu'il aura besoin de stimuler un public à l'étude. Ainsi il écrit La nature humaine a été faite de telle sorte qu'elle est devenue l'image de l'unique Sagesse, c'est-à-dire de l'Omniscience de Dieu. Si tu t'écartes volontairement et sciemment de cette ressemblance, tu t'éloignes du plan de Dieu »11. 12 La pampédie, IX ; in Cons. II, col 121. 13 Ibid., IIΙ, 14 ; trad. Unesco ; cf. aussi Panegersie, in Cons. I, col. 30. 14 Ibid., III, 20 ; trad. Unesco. 6Mais Comenius étend aussi cette ressemblance à d'autres traits surtout à ceux qui sont les marques caractéristiques de la nature humaine et que nous analyserons dans un autre chapitre L'homme vraiment formé est celui qui, comme une véritable image de Dieu saisit tout grâce à la Raison, exprime tout par la parole, réalise tout grâce à son activité, du moins autant que cela est possible à une créature limitée »12. Il écrit encore Les propriétés les plus marquantes de Dieu sont 1° l'omniscience, 2° l'omnipotence, 3° la sainteté universelle, 4° l'indépendance souveraine ; par conséquent, il est sûr que l'homme, qui se distingue nettement par la sagesse, l'habileté, la sainteté et qui après Dieu est indépendant, est une véritable image de Dieu et la véritable gloire de son Créateur »13. Parfois il insiste, selon les besoins, sur ce dernier trait et il écrit Comme le désir de l'activité libre est inséparable de la nature humaine, image de Dieu… » X, 37 ou bien encore Il importe beaucoup que les hommes apprennent à librement choisir, à leur gré, les choses parfaitement comprises, et à en disposer librement ; de manière que nulle part l'image de Dieu ne soit altérée dans l'homme, et surtout pas là où cette image est la plus ressemblante, dans la liberté du choix »14. 15 1er Epître de saint Jean, IV, 8. 7Les perfections divines sont infinies. Pour les besoins pratiques il est normal qu'un écrivain insiste sur tel ou tel aspect de ces perfections. On peut cependant faire remarquer qu'un attribut fondamental n'est jamais mentionné Dieu est amour » ; cette phrase de saint Jean15 résume tout le message du christianisme. Mais cette omission n'est pas une particularité propre à Comenius. Les époques, comme les individus, ont des valeurs auxquelles ils sont plus sensibles qu'à d'autres. 16 La panegersie, V, 9 ; in Cons. I, col. 37. 17 Ibid. IV, 14 ; in Cons. I, col. 30. 8Le fait que c'est l'homme seul qui a été créé à l'image de Dieu lui donne une place éminente parmi toutes les autres créatures. Dieu l'a établi maître et seigneur de toute la création IV. L'humanité est douée de raison et elle porte en elle des germes de moralité, dignités qui sont des privilèges qui l'élèvent au-dessus des animaux et le rendent semblables à Dieu »16. Quand il exaltait la supériorité des animaux, Montaigne oubliait cette qualité d'image de Dieu. Pas plus que d'autres, Comenius n'ignorait les méchancetés ou les turpitudes dont l'humanité est capable ; cependant il continuait à répéter l'homme est la première de toutes les créatures visibles parce qu'il a été créé à l'image de Dieu »17. Il est allé jusqu'à écrire cette phrase qui doit paraître peu orthodoxe à beaucoup, à savoir que l'homme ne doit reconnaître comme supérieur à lui que Dieu seul quant aux anges, qui sont également des serviteurs de Dieu, l'homme doit les considérer comme des égaux ! IV, 4. 9Les belles paroles de Comenius sur la piété ne sont pas de simples clichés. Il semble bien avoir puisé en Dieu une force morale qui lui a permis de supporter beaucoup d'épreuves sans perdre ni son équilibre ni son dynamisme. Ainsi il a perdu successivement deux femmes ; la première est morte au cours d'une épidémie avec ses deux enfants ; le pauvre homme faillit en perdre la raison. Aucun raisonnement ne pouvait le consoler, ni même les considérations intellectuelles basées sur la foi. Seule une certaine union à Dieu et au Christ souffrant lui a apporté la consolation et la joie ». Aussi, en parlant de Dieu après cette épreuve il dira qu'il est le roc de sa vie », une tour forte ». 18 Cf Denis E., La fin de l'indépendance bohême, t. I et II, Paris, 1930. 19 Vita gyrus. in pars IV, 10Si durs qu'aient été ses malheurs personnels, le sort réservé à son pays l'a affecté encore davantage, selon ses propres paroles. On sait le triste sort réservé à la Bohême après la défaite de la Montagne Blanche, en 1620, et les souffrances injustes qui en ont résulté18. Le pire, pour lui, a été de craindre, un peu plus tard, que c'en était fini de l'Eglise dont il était l'évêque. Durant l'incendie de Leszno, en 1656, il a perdu non seulement ses livres, mais encore ses manuscrits, dont certains représentaient 40 années de patientes recherches… A cette occasion il a dit qu'il avait tout perdu excepté cet unique qui, à lui seul, est tout »19. 20 Heyberger A., Jean Amos Comenius, Paris, 1928, p. 217. 21 Ibid., 11Comme il avait des responsabilités publiques, il ne suffisait pas qu'il surmonte sa douleur et retrouve son calme. Il devait, en outre, avoir assez de dynamisme pour soutenir les autres. C'est ce qu'il a fait à plusieurs reprises. Il a même composé, à l'intention de ses ouailles ou de ses compatriotes, des ouvrages dits de "consolation", comme Centrum securitatis et Des affligés. Dans son union mystique avec l'esprit divin, il puise une énergie qu'il tâche de communiquer aux Frères en exil », dit de lui A. Heyberger20. Pour exprimer cette paix que l'on trouve en Dieu, il a cette image saisissante Ce monde est semblable à une roue que Dieu aurait développée par sa toute - puissance. Il en est le centre et ses créatures, comme des rayons, s'irradient de lui en tous sens. Le centre reste immobile, mais la roue du monde tourne inlassablement. Plus on se trouve près du centre, moins les agitations sont violentes ; plus on est éloigné, plus fortes sont les secousses »21. 2- La chute, la justification, la grâce 22 Gusdorf G., La révolution galiléenne, Paris 1969, t. Π, p. 43. 23 Hildesheimer F., Le jansénisme. L'histoire et l'héritage, Paris, 1992, p. 134. 12On sait que la prédestination était un des points névralgiques de la pensée religieuse au xviie siècle »22. Mais l'Unité remontait à la Réforme tchèque, non à Luther et elle ne se posait pas avec angoisse les questions Serai-je sauvé ? Combien y aura-t-il d'élus ? » qui obsédaient non seulement Luther, mais aussi des hommes comme Ignace de Loyola ou le jeune François de Sales 1567-1622 et bien d'autres encore, puisqu'on a pu écrire que le problème du salut éternel était la véritable obsession du siècle classique »23. Les positions de Comenius sur ces thèmes se ressentent de son appartenance à une tradition différente. 24 Cf Cons. I, Mundus spiritualis, chap. IV, col 1071. 25 La grande didactique, chap V, sous-titres pour les paragraphes 1 et 2. 13Pour certains théologiens la chute d'Adam avait mortellement blessé la nature humaine qui n'était plus capable d'aucun bien ; la raison était devenue incapable de nous guider, la volonté était fatalement inclinée vers le mal. Comenius, par contre, semble excuser le pauvre homme qui n'avait pas eu l'initiative de la désobéissence à Dieu ; il s'est seulement laissé séduire. Si bien que Dieu a été plus miséricordieux avec lui qu'avec les anges révoltés, et la corruption de l'homme, quoique réelle, n'est qu' accidentelle »24. Il en ressort cette conséquence capitale que les choses peuvent être remises dans leur état premier qui était boa Il est plus naturel à l'homme et plus facile à la grâce de Dieu d'acquérir la sagesse et de devenir vertueux et saint plutôt que d'en être empêché par une dépravation accidentelle, car il est facile à une chose de retrouver sa nature première » DM. V, 25. Or, la nature humaine était bonne à l'origine » et nous devons y être ramenés par la puissance de la Providence qui relève ce qui est tombé »25. La phrase suivante exprime l'attitude personnelle de Comenius à propos de la chute. Est-ce que Dieu n'a pas envoyé son Fils pour rétablir dans son état primitif ce qui était tombé ? » DM. V, 22. 26 V, 23 ; cf. aussi Pans. prod. 15. 14Il illustre cette conviction par l'image suivante considérons, dit-il, une horloge ou un instrument de musique qui ont été fabriqués par un artisan habile. Si l'horloge se gâte ou si l'instrument est désaccordé, on ne les considère pas immédiatement comme étant hors d'usage, car on sait qu'on peut les réparer. Il en est de même pour l'homme même s'il a été corrompu par la chute, il faut tenir pour certain qu'avec la puissance de Dieu et en utilisant des moyens appropriés, on peut le rétablir dans son harmonie primitive DM. V, 17. Le cas de Nabuchodonosor confirme cette vue optimiste ibid. V, 22. Comenius ne comprend pas la position opposée pessimiste Il est honteux et impie, et en outre cela relève de l'ingratitude, de toujours parler de notre corruption et de passer sous silence la Rédemption ! Pourquoi toujours s'excuser sur le vieil Adam ! C'est à bon droit que l'apôtre dit en son nom et au nom de tous ceux qui ont été régénérés Je puis tout en Celui qui me rend fort, le Christ. » Philippiens, IV, 1326. 15Comenius ne se pose pas la question de savoir à qui Dieu réserve sa grâce ; il ne voit en Dieu que générosité Ah, gardons-nous de mettre des limites à la grâce de Dieu qu'il est prêt à répandre en nous avec sa plus grande largesse ! » V, 24. Quant à se demander si la grâce est efficace ou suffisante, etc. c'est seulement soulever des questions inutiles ». 27 La pampédie, chap. X ; V classe in finem. 16Dans un passage de La pampédie il y a quelques lignes sur la prédestination ; mais ce n'est qu'un maigre canevas pour un développement éventuel. C'est dire le peu d'intérêt que l'auteur portait à la question, alors qu'en France les débats sur la grâce efficace faisaient rage, non seulement parmi les théologiens, mais même dans les salons et les collèges - jusqu'à provoquer des bagarres ; on trouve des échos de ces débats dans les arts et la littérature. Malgré la brièveté de ce passage il est clair que l'orientation générale ne va pas dans le sens de la rigueur calviniste ou janséniste. L'auteur, par exemple, pose la question Comment peux-tu espérer tenir bon devant le tribunal de Dieu ? » et il répond Grâce à l'intervention de Jésus-Christ qui plaidera pour moi » - Est-ce que cette défense sera efficace ? - Oui ! Premièrement il ne s'est pas arrogé lui-même cette fonction, mais elle lui a été attribuée par le Père. Hébreux, V, 5. … En troisième lieu, parce que le sacrifice que le Christ a offert pour la réconciliation des pécheurs suffit pour tous les péchés du monde ». Et l'auteur se réfère à la 1ère Epître de saint Jean II, 2. qui dit ceci Il est lui-même expiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier »27. 28 Cons. I, col. 1052. 29 Ibid., col. 580 4 et col. 978. 30 Ibid., col. 1130. 31 Ibid., col. 1130. 17Dans les discussions sur la grâce, la liberté tient une place centrale. Luther, Calvin, Jansenius niaient le libre arbitre ; l'Eglise catholique, au contraire, le posait comme nécessaire. Comenius aussi Sans la liberté, la ressemblance avec Dieu ne serait pas parfaite »28. Il la conçoit comme totale et contrairement, notamment à Calvin, il écrit Elle la liberté est si essentielle à la nature humaine que personne ne peut forcer l'homme à vouloir ce qu'il ne veut pas, pas même les anges ou les démons et même pas Dieu lui même ». L'homme a été gratifié d'une telle liberté par le Créateur, qu'elle ne peut plus lui être enlevée. Voilà pourquoi Dieu lui-même n'y touche pas »29. Les rapports entre Dieu et l'homme ne sont pas des rapports de conflit ou de force. Comenius ne se demande pas comment l'homme misérable pourrait tenir tête au Tout-puissant, ni comment celui-ci serait obligé de renoncer devant la résistance de l'homme. L'homme choisit Dieu qui est le but ultime de sa vie, mais il peut se tromper sur son choix et préférer des biens apparents à Dieu. Dieu, d'autre part, ne veut être honoré que par des hommages libres. Il propose, il ne force pas Deus invites non trahit - Dieu ne nous attire pas malgré nous »30. Il échappe ainsi au piège terrible dans lequel tombaient ceux qui niaient le libre arbitre et qui se sentaient obligés de dire que les damnés l'étaient justement quoique la grâce leur ait manqué. Π affirme encore C'est une chose sûre que l'homme ne peut rien sans Dieu, et que Dieu ne veut pas malgré l'homme. - Certum est Hominem sine Deo non posse ; Deum sine homine nolle »31. 32 La pampédie, II, 19 ; trad. Unesco. 18Cette position est conforme à l'orthodoxie catholique, même si l'auteur ne recherchait pas cette conformité. Ce qui est le plus évident, c'est que Comenius ne creuse pas les problèmes théologiques relatifs à la grâce. Π tient ces discussions pour inutiles. Ce qui est bien dans la tradition de l'Unité. Il se contente d'affirmer avec force quelques vérités fondamentales Dieu donne sa grâce avec générosité et libéralité à tous les hommes s'opposant ainsi à la rigueur calviniste ou janséniste ; il faut croire à l'efficacité de la Rédemption opérée par le Christ. Ces vues théoriques lui servent de fondement pour justifier la possibilité et la nécessité de l'éducation afin de construire l'image de Dieu dans tous les hommes. Si on lui objecte Nous sommes corrompus », il répond Oui, mais aussi renouvelés par le nouvel Adam. On nous enjoint de renouveler ce qui a été corrompu, de labourer le champ en friche et de ne pas semer dans les ronces Es. IV, 3 ; c'est à cela que tend l'éducation dans toute son étendue »32. 19Si les détails de ces questions théoriques n'intéressent pas notre auteur, il y a une chose qui l'intéresse au plus haut point c'est justement ce caractère d'universalité Dieu veut sauver tous les hommes, il faut assurer l'éducation à tous, parce qu'ils sont tous faits également à l'image de Dieu. 3- L'image de Dieu chez tous les hommes 33 IX, 1 et sous-titres des paragraphes 1 et 2 ; cf aussi La pampédie, I, 6 et 11. 20L'image de Dieu est déposée en chacun des hommes. Chaque homme jouit par conséquent de la même dignité et est appelé à la même vocation. Comenius insiste sur ces idées dès le début de son œuvre. Ce ne sont pas seulement les enfants des riches et des gens importants qu'il faut admettre dans les écoles, mais tous les enfants, à égalité, ceux des riches et ceux des pauvres, ceux des nobles et ceux des roturiers, les garçons et les filles, qu'ils habitent des villes, des villages ou des hameaux. … Car c'est en tous que l'image de Dieu doit être restaurée »33. Cette énumération n'est pas exhaustive ; nous verrons plus loin d'autres catégories que l'auteur inclut expressément dans ce TOUS. L'ardeur religieuse qui le porte à faire briller en lui l'image de Dieu, le porte avec la même force à la faire briller également en chaque homme sans en excepter personne Tous les hommes en naissant ont la même destinée devenir vraiment homme, c'est-à-dire un être raisonnable, le maître des créatures et une fidèle image de son créateur … Si donc nous admettons à l'éducation quelques-uns seulement en excluant d'autres, nous commettons une injustice, non seulement envers ceux qui participent à cette nature, mais envers Dieu lui-même qui veut être reconnu, aimé et loué par tous ceux en qui Il a imprimé son image » IX, 2. 34 Cf. Gravissimum educationis momentum §67. 21Cette position révèle une exigence d'universalité absolument extraordinaire qui n'était guère partagée par ses contemporains. L'extension de l'éducation à tous les enfants ne sera réalisée dans la pratique que deux ou trois siècles après Comenius. En plein xxe siècle, d'ailleurs des instances religieuses ou politiques ont repris les mêmes déclarations, ce qui prouve que l'éducation pour tous n'était pas encore une pratique universelle. Toute personne a droit à l'éducation », dit la Déclaration universelle des droits de l'homme. Une résolution du parlement européen adoptée le 14 Mars 1984 proclame Tous les enfants et les adolescents ont droit à l'éducation et à l'instruction … sans discrimination de sexe, de race, de convictions philosophiques ou religieuses, de nationalité ou de condition sociale ou économique ». Vingt ans plus tôt Vatican II avait tenu le même langage34. 22Passons maitenant en revue les groupes sociaux ou les catégories de personnes qui, selon Comenius, ne doivent pas être exclus de l'éducation. 35 Ce passage a été traduit très tendancieusement par Piobetta de la façon suivante Pareillement ... 23Les Sujets C'est tout d'abord le peuple des travailleurs manuels, serfs y compris Pour qu'ils apprennent à obéir intelligemment » à des maîtres qui, à leur tour, doivent avoir appris à commander sagement », car en vérité les créatures raisonnables doivent être guidées non à grand renfort de cris, de cachots ou de coups de bâton, mais avec des procédés raisonnables. Si on agissait autrement, l'affront retomberait sur Dieu qui a imprimé en eux aussi son image, et les affaires humaines seraient pleines de violence et de troubles » VI, 935. 36 Via lucis, XIV, 16,18. 37 La pampédie, II, 1 ; trad. Unesco. 24Ce passage peut soulever des polémiques. Certains, voulant ignorer le contexte historique, ont reproché à Comenius d'ignorer la révolution sociale. C'est un fait qu'il est d'avis que chacun reste à la place qui est la sienne36. En fait, le problème d'une éducation pour tous est bien plus complexe. Pour beaucoup, la culture n'est qu'un moyen de promotion sociale. Dès qu'on a un diplôme, on juge certains travaux, les travaux manuels surtout, au-dessous de sa dignité. Le problème se posait même au xviie siècle. Les collèges d'alors ne préparaient guère qu'aux carrières libérales et détournaient de la pratique des métiers. Aussi les Etats généraux de 1614 et Richelieu s'opposaient à l'extension des collèges. On faisait la même objection à Comenius Fais attention ! Tu vas être la risée de tout le monde. Tu verras la confusion de tous les états ! Qui restera fidèle à sa charrue ? etc. etc. »37. 38 Via lucis, XIV, 16. 39 Ibid., XIV, 16. 40 DM. XXIX, 7 ; trad. Piobetta. 25Mais notre philosophe comprend les choses autrement. Le travail manuel est inévitable, il le sait on le pratiquait dans l'Unité. Mais il n'est pas méprisable même les prêtres de cette Eglise y étaient astreints. Aussi il ne veut pas que l'école enlève aux jeunes le goût de ces travaux ; il déclare expressément qu'il ne désire pas que les artisans, les paysans et les femmes se consacrent entièrement aux livres »38. Mais il désire que ceux qui se livrent à ces travaux conservent, ce faisant, toute leur dignité humaine. Aussi, non seulement il exclut les mauvais traitements comme nous venons de le lire, mais il désire encore que chacun soit préparé à sa profession »39, et que les jeunes soient instruits de tout ce qui pourra leur être utile durant toute leur vie » DM. XXIX, 6. Il souhaite encore que ceux qui s'engagent dans l'agriculture, le commerce ou les métiers ne rencontrent rien qui soit complètement nouveau et dont ils n'aient eu un avant-goût. … Ainsi chacun fera l'expérience qu'il est apte à tout comprendre, à tout exécuter et à tout juger le plus correctement possible »40. 41 Via lucis, XIV, 17. 26Réussir cela, c'est transformer complètement le monde du travail et la société tout entière. Comenius s'en rend compte, même s'il n'envisage pas les conséquences pratiques qui en découleraient. Quand on lui objectait que si tout le monde se mettait à étudier, à juger les affaires de l'état et de l'Église, cela ne ferait que provoquer la confusion, il répondait Ce serait un misérable état ou une misérable église si leur tranquillité ne dépendait que de l'ignorance et de l'esclavage des sujets. La vraie religion et une bonne organisation civile comme celle que nous souhaitons pour le monde entier tirent leur tranquillité de la lumière et non des ténèbres »41. Même si notre philosophe ne prêche pas la suppression des classes, il souhaite une certaine mobilité sociale due au mérite Nous ne savons pas, dit-il, à quoi la divine Providence a destiné celui-ci ou celui-là ». Il arrive qu'elle appelle à de hautes fonctions des hommes pris parmi les plus pauvres et les plus méprisés IX, 3. Mais cela suppose un type d'enseignement nouveau comme celui que l'auteur préconise pour l'école élémentaire où l'instruction est donnée dans la langue maternelle. 42 Cité par Compayré G. 43 Simon J., Rénovation de l'enseignement du français, in La pédagogie contemporaine, Gabaude et ... 44 Gusdorf G., L'avènement des sciences humaines au siècle des lumières, Paris, 1973, p. 126. 45 Cité par Gusdorf G„ Dieu, la nature, l'homme au siècle des lumières, Paris, 1972, p. 178. Citation ... 27Répandre la culture dans toutes les couches sociales, c'est aller contre des préjugés. La culture peut-être considérée comme une richesse immatérielle qui met ceux qui la possèdent au-dessus des autres. Alexandre le Grand l'a exprimé sans détour. Il écrivait à son maître Aristote En quoi serons-nous supérieurs aux autres hommes si les sciences que vous m'avez apprises deviennent communes à tout le monde ? Quant à moi, j'aimerais mieux encore surpasser les hommes par la science que par la puissance »42. Cet égoïsme culturel existe même aujourd'hui. On a pu écrire, en effet Sous cette indignation une prétendue atteinte à la langue française existe la crainte, réelle celle-là, de voir toutes les couches sociales accéder à une culture et à des modes de pensée que l'on désirait réserver à une élite »43. Si Comenius est un exemple de la générosité pour la diffusion de la culture dans toutes les couches sociales, c'est à cause du respect qu'il porte à chacun des hommes en qui est imprimée l'image de Dieu. On ne constate pas ce respect chez Diderot ou Voltaire qui étaient des conservateurs sans sympathie pour la masse populaire qui leur inspirait parfois des mots très durs »44. Pour Voltaire, en particulier, le gros du genre humain a été et sera très longtemps insensé et imbécile »45. Sur ce point, l'évolution historique semble faire évoluer les modes de pensée et de sentir vers l'idéal proposé par Comenius. 46 DM. IX, 5 ; trad. Prévot. 28Les femmes. Il en est de même pour ce qui concerne les femmes On ne peut donner aucune raison pour exclure le sexe faible j'attire particulièrement votre attention sur ce point du soin des études en langue latine et en langue nationale, car elles sont aussi à l'image de Dieu et ont part également à sa grâce et au royaume éternel. En vérité, elles sont douées d'une intelligence vive et d'une capacité de connaissances égales ou même supérieures aux nôtres. Dieu les appelle comme nous aux plus hautes destinées régner sur des peuples, conseiller les rois ou les princes, exercer la médecine ou d'autres métiers utiles à l'humanité, remplir la fonction de prophète et critiquer les prêtres et les évêques. Pourquoi voudrions-nous n'enseigner aux femmes que l'a b c pour les éloigner ensuite des livres ?46 47 Paris, 1978. 29Ce texte est particulièrement étonnant pour l'époque où il a été écrit Le lecteur français se souvient de la manière dont Molière présente l'opinion courante sur l'éducation des femmes. Mais, d'une manière générale, l'infériorité de la femme passait pour une vérité évidente. Jean Delumeau a longuement étudié cette question dans un livre La peur en Occident xive- xviiie siècle47. Rapportons-nous à quelques passages où les auteurs qu'il cite emploient la même référence biblique image de Dieu » que notre philosophe. Nous allons trouver des affirmations diamétralement opposées à celle de La grande didactique. 48 Idem., p. 312. 49 Idem., p. 312. 50 Idem., p. 324. 51 Idem., p. 330. 52 Idem., p. 330. 30Résumant la pensée de saint Augustin, Delumeau écrit L'homme est donc pleinement image de Dieu, mais non la femme qui ne l'est que par son âme et dont le corps constitue un obstacle permanent à l'exercice de sa raison »48. Gratien, dont le fameux décret devint la source officieuse du droit de l'Eglise jusqu'au début du xxe siècle a écrit La femme n'a pas été faite à l'image de Dieu. » ! Même saint Thomas écrit que la femme a été créée plus imparfaite que l'homme, même quant à son âme et qu'elle doit lui obéir parce que naturellement chez l'homme abonde davantage le discernement et la raison »49. Il ne faut pas croire que cette conception soit propre au Moyen Age. Ainsi les Instructions aux confesseurs de saint Charles Borromée que l'Église post-tridentine réédita inlassablement plusieurs siècles durant » diffusent le dogme de la foncière inégalité de la femme »50. La grande didactique était déjà rédigée quand Le Bret, conseiller d'état, a écrit en 1632 que la nature a créé la femme imparfaite, faible et débile, tant du corps que de l'esprit »51. Delumeau précise que ce ne sont pas des textes de quelques extrémistes, mais que la culture dirigeante européenne a produit des quantités de textes semblables de l'Espagne à la Russie et du Moyen Age au xixe siècle »52. 53 La pampédie, II, 30 ; trad. Unesco. 54 Calò G. trad. italienne de La grande didactique, p. 34 31Les handicapés. Comenius étend l'instruction à ceux que nous appelons aujourd'hui des handicapés les aveugles, les sourds et les déficients ceux qui souffrent d'une insuffisance d'organes »53. G. Calò fait observer que ce n'est pas un mince mérite pour Comenius d'être le précurseur convaincu et explicite de la nécessité, de la possibilité et de l'utilité sociale de l'éducation des déficients », vu que ceux-ci ont dû attendre le xixe siècle pour acquérir des droits aux yeux des savants et pour devenir objet de recherche et d'attention pratique »54. 55 La pampédie, II, 11 ; trad. Unesco. 32Les barbares. Comenius retrouve l'image de Dieu dans une autre catégorie d'êtres, ceux que l'on appelait alors des barbares » Dieu n'a pas établi de différence entre les hommes, du moins pas dans ce qui constitue l'essence humaine ; … ils participent tous à l'image de Dieu. Gen. I, 26 »55. 56 Gusdorf G., La révolution galiléenne, t. II, Paris 1969, p. 196. 57 Idem., L'avènement des sciences humaines au siècle des lumières, Paris, 1973, p. 288. 58 Onstott K., Mandingo, Paris, 1964, p. 284. 59 Ibid., p. 507. 60 Gusdorf G., La conscience révolutionnaire - Les idéologues, Paris, p. 226. 33C'est une affirmation qui nous semble toute naturelle aujourd'hui. Cependant, parmi les premiers explorateurs, certains avaient proposé d'exclure de l'espèce humaine les sauvages américains » ; cette proposition fut toutefois contestée, et les querelles qui s'en suivirent furent tranchées par la bulle Sublimis Deus » du pape Paul III 9 juin 153756 dans laquelle il déclare que les Indiens d'Amérique sont des hommes et doivent être traités comme tels »57. Mais une bulle du pape ne change pas les mentalités d'un coup de baguette magique et surtout pas celle des opposants au papisme. On connaît celle des propriétaires d'esclaves noirs dont Kyle Onstott se fait l'écho dans son roman Mandingo. Il fait dire à l'un de ces propriétaires, Maxwell Des négros avec des âmes ! … Vous croyez vraiment qu'ils ont des âmes ? »58. Pour lui les nègres étaient des brutes sans âme et il fallait qu'ils le restassent »59. Mais des philosophes propriétaires d'esclaves, tel Jefferson lui-même, lorsqu'ils invoquaient l'égalité naturelle des hommes ne pensaient pas que leurs nègres fussent concernés par cette déclaration »60. 61 Pannuthesia, VII, 8, in Cons. II, col. 744. 62 Cf. par exemple 43. 63 La pampédie, VI, 18 XV. 34Comenius, lui, est capable de faire confiance à ces barbares Qui sait, écrit-il, ce que Dieu réserve aux Africains, aux Américains et aux autres barbares s'ils sont introduits dans la culture ? », car nulle part dans le monde il ne manque de tête capable, pourvu que l'éducation ne manque pas »61. Il manifeste de l'intérêt pour les langues des Lapons, pour les peuplades de l'Amérique du Nord, etc62. Il a même cette réaction curieuse pour le xviie siècle, mais qui nous est devenue familière aujourd'hui, de demander que l'on donne aux peuples et à leurs terres le nom qu'ils se donnent eux-mêmes. Pourquoi, demande-t-il, les autres devraient m'appeler Paul alors que je m'appelle Jean ? Pourquoi appellera-t-on Madagascar l'Ile saint Vincent » plutôt que Madagascar ? » De même il veut que l'on donne aux chaînes de montagnes ou aux fleuves le nom que les indigènes leur donnent plutôt que le nom de celui qui les a découverts ; 64 Pannuthesia, VI, 7, in Cons. II, col. 733. 65 Ibid., V, 4 in Cons. II, col. 723. 66 In Nouvelle Histoire de l'Église, t. 2. Le Moyen Âge, p. 456. 35Sa capacité d'ouverture à tous les hommes est remarquable Dieu nous aime tous également »64. - Européens, Asiatiques, Africains, Américains, les habitants de n'importe quelle île que ce soit, tous sont un seul peuple de Dieu, provenant du même sang ; tous doivent s'aimer étant tous des ramifications d'un même tronc généalogique »65. Cela est d'autant plus remarquable que cette tendance universaliste semble aller contre une tendance de la nature humaine qui incline à haïr la dissemblance raciale et idéologique » Knowles66. Si bien que pour d'autres auteurs contemporains aussi, une attitude pure de tout racisme serait une conquête de la conscience morale sur des instincts exclusivistes que la science semble nous expliquer. 67 La pampédie, V, 4. 36Concluons avec l'auteur Il n'y aura aucune difficulté ni aucun obstacle à instruire tous les hommes car chez tous les peuples l'image du sage Créateur se reflète … dans la raison, l'esprit, la langue, la main, etc »67. 4- S'intéresser à ce monde - ci 37 La fin ultime de l'homme est en dehors de cette vie », proclame le titre du chapitre II de La grande didactique. Le titre du chapitre suivant confirme Cette vie n'est qu'une préparation à la vie éternelle. » Tout le reste de l'œuvre de Comenius reste fidèle à ces prises de position fondamentales. Mais la vie sur cette terre, elle ne compte pas ? Elle n'a donc aucune valeur ? - C'est ce qu'on a cru pouvoir conclure de ces affirmations, d'autant plus qu'une certaine spiritualité dite chrétienne déniait effectivement toute valeur positive à ce monde dont on ne faisait qu'une vallée de larmes ». 68 Cité par Gusdorf G., La conscience révolutionnaire. Les idéologiques, Paris, p. 158. Rousseau Du ... 69 Warnier P., Marx pour un chrétien. 70 Urs von Balthasar, Dieu et l'homme aujourd'hui. 71 Clausse A., Traité des sciences pédagogiques ; t. 2. Histoire de la pédagogie, p. 165. 38Précisons en quoi consistait cette mentalité. Rousseau écrivait Le christianisme est une religion purement spirituelle, occupée uniquement des choses du ciel ; la patrie du chrétien n'est pas de ce monde. … Pourvu qu'il n'ait rien à se reprocher, peu lui importe que tout aille bien ou mal ici-bas »68. Le chrétien était dans ce monde comme en exil » ; il suspectait tout effort des hommes pour exercer leur liberté et transformer la réalité sociale. » La spiritualité était fondée sur le détachement … et la résignation devant les malheurs qui survenaient dans la vallée de larmes »69. Cette mentalité a été longuement décrite par G. Snyders dans son livre La pédagogie en France aux xviie et xviiie siècles. Il y est dit par exemple que chez les Jésuites du xviie siècle aucun thème n'était plus fréquemment repris que celui de la vertu comme mépris de la terre. » Un théologien d'aujourd'hui, Urs von Balthasar fait observer que le chrétien ne peut plus se considérer lui-même comme un hôte » et un étranger » descendu d'en haut et venu en ce monde, comme les chrétiens de jadis le faisaient volontiers encore à la suite des platoniciens »70. Certains auteurs ont qualifié cette mentalité de mysticisme » ; et pour eux Comenius est un mystique ». Or, pour le mystique, le monde matériel est un leurre et les sens sont trompeurs ; la multiplicité et les vicissitudes terrestres relèvent de l'irréel et de l'illusion »71. Rien n'est plus opposé à la philosophie de Comenius que ce mysticisme »-là. Sa piété, loin de lui rendre la terre indifférente, la lui rend presque sacrée, car elle est l'œuvre de Dieu. 72 Via lucis, XIV, 7. 73 La pampédie, ΧΙΠ ; Du choix du mode de vie » ; in Cons. II, col. 210. 39La position de Comenius est claire quoique complexe il faut toujours rechercher Dieu mais, tant qu'on est sur cette terre, ce n'est qu'à travers ses œuvres qu'on le trouve. Il faut servir Dieu ; mais on ne peut le faire qu'en vivant sa vie d'homme. Dieu, invisible en lui-même se manifeste par ses œuvres DM. XXIV, 18 ; il faut donc chercher à relever les traces de la divinité dans toute la création » ibid. XXIV, 3. Notre philosophe va jusqu'à écrire que ceux qui disent que, du point de vue de la foi, ce que l'on dit des créatures n'a aucune importance pourvu que l'on parle correctement de Dieu, se trompent honteusement. Qu'il soit tenu pour certain, ajoute-t-il, que plus on connaîtra la nature avec exactitude et plus resplendira la majesté et la grandeur du Créateur72. De même, en choisissant sa profession, il faut être toujours prêt à servir les hommes et Dieu. … Il ne faut pas penser seulement à soi, mais à toute la société. Nous ne naissons pas pour nous seuls ». Pratiquer la profession de cette manière est une voie royale vers le royaume ». Devant Dieu il n'y a aucun métier vil ; il n'y en a aucun qui ne puisse nous faire mériter la couronne du ciel73. 74 Pans. prod. 109. 40C'est avec la même complexité d'inspiration que l'auteur parle de cette vie comme d'une préparation » à la vie éternelle. Il y a trois degrés dans la préparation à la vie éternelle se connaître soi-même ainsi que toutes les autres choses ; gérer les biens de ce monde et tendre vers Dieu ». C'est le titre même du chapitre IV de La grande didactique qui suit les deux autres que nous avons cités au début de cette section. Seul est digne de la vie éternelle, l'homme qui a développé sa raison et acquis des connaissances sur tout ce qui se trouve sur la terre, l'homme qui a développé son savoir-faire et ses habiletés techniques et enfin l'homme qui vénère Dieu. Ceux qui meurent sans avoir développé leur humanité sont comme des avortons pour l'autre vie. L'embryon dans le sein maternel ne forme pas ses organes et ses membres pour la vie qu'il mène alors ; mais il faut qu'au moment de la naissance ils soient tous bien formés. Heureux celui qui s'est formé de bons membres dans le sein de sa mère ; mille fois plus heureux celui qui quittera cette vie avec une âme bien formée » DM. III, 6. - Celui-là est vraiment instruit qui est instruit des choses de l'éternité ; mais de telle manière qu'il sache en même temps profiter le plus judicieusement possible de ce qui précède, c'est-à-dire de la vie présente »74. La pensée d'une vie future n'est invoquée que pour donner un sens à l'étape présente ; elle ne la dévalorise pas. 75 Ibid., 52. 41Elle la dévalorise d'autant moins que l'homme a été établi, par Dieu lui-même, le gérant de ce monde-ci, le maître de toutes les créatures DM. IV, 2 et 26. A plusieurs reprises notre auteur rappelle la parole de saint Paul Tout est à vous… » 1. Cor. III, 21-13. C'est un devoir pour l'homme, d'une part de développer sa raison en observant les choses de ce monde et en apprenant à les connaître, d'autre part d'apprendre à les utiliser au mieux de ses besoins DM. IV, 3-4. Pour cela il faut commencer par faire l'inventaire de toutes les richesses que la terre contient, d'autant plus que l'homme doit connaître son héritage. On sait que ce programme a été réalisé depuis. Mais en son temps, Komenský constatait que les hommes ne savaient pas qu'ils étaient les maîtres de grandes richesses et le souverain de la création75. 76 La pampédie, Ht, 22 ; ce conseil est répété en ΙΠ, 42 ; trad. Unesco. 77 Ibid., IIΙ, 11 ; trad. Unesco. 78 Ibid., IIΙ, 42 ; trad. Unesco. 79 Ibid., IV, 6 ; cf aussi XXIV, 24. 42Avec le temps, le bon Komenský s'enhardit jusqu'à recommander aux gens de s'enrichir ! au lieu de se détacher ». Il est désirable, écrit-il, que les hommes soient bien à leur aise chacun selon ses besoins ; c'est pourquoi il faut que tous apprennent l'art de s'enrichir »76. D'ailleurs cela correspond, pour notre philosophe, à une tendance naturelle Toute créature humaine désire, par les instincts les plus intimes de sa nature, … 7° avoir beaucoup de choses »77. Aussi l'éducation doit travailler à développer cette tendance. Mais comme il ne faut pas s'attendre que les dons de Dieu nous tombent du ciel », il est nécessaire aussi d'apprendre aux hommes à travailler78. - Au milieu du xviie siècle, ce n'était pas l'opinion générale ; aussi notre auteur se sent obligé d'insister. Il pourrait arriver même aujourd'hui que, sous prétexte de piété, certains hommes négligent les autres ornements de la vie raisonnable ; il ne faut pas le permettre »79. Mais la mentalité contre laquelle Komenský luttait s'est prolongée jusqu'au xixe siècle. Entre beaucoup d'autres, Louis Veuillot 1813 - 1883, rédacteur en chef du très catholique journal L'Univers, écrivait La misère est la loi d'une partie de la société ; c'est la loi de Dieu à laquelle il faut se soumettre. » ! 80 V, 9 ; trad. Piobetta. 81 Ibid., V, 14 ; trad. Piobetta. 82 Snyders G., La pédagogie en France aux xviie et xviiie siècles, Paris, 1965, p. 81. 83 Idem, p. 76. 43Comenius ne craint même pas d'écrire qu'il faut savoir profiter des saines jouissances que la vie offre, car ce qui se trouve dans ce monde ne s'y trouve pas pour assurer seulement nos besoins, mais aussi pour notre jouissance DM. III, 3. Parlant d'un jardin que le jardinier a travaillé avec ardeur et goût », il dit Plus grande en est la variété, plus agréable en est la vue, plus suave le plaisir de l'odorat et plus fort le soulagement du cœur »80. Par opposition, Bossuet aurait dit que la perte de plus d'une âme a commencé par sentir une fleur…. Comenius célèbre même les plaisirs esthétiques Il n'y a personne qui n'éprouverait pas de plaisir à voir un homme aux belles formes, un cheval élégamment campé, une statue superbe et une peinture merveilleuse. … Je voudrais aussi savoir qui est-ce qui reste insensible à la musique ? … A qui ne plaisent les aliments bien assaisonnés ? »81. Ces phrases, et bien d'autres cf. X, 10 à 13 ont dû faire frémir plus d'un lecteur du xviie siècle. Ne parlons pas de l'abbé de Rancé 1626-1700 ! Mais un religieux engagé dans le monde, le P. de Jouvency, se croyait obligé d'enseigner à ses élèves qu'un saint et savant religieux » est celui à qui la terre semble fade »82. D'une manière générale on répétait que la vertu ne faisait qu'un avec le renoncement… »83. 84 La pampédie, ΙII, 16 ; trad. Unesco. 85 Ibid., IIΙ, 17 ; trad. Unesco. 44L'évêque de l'Unité a osé écrire Il faut enseigner aux hommes à aimer la vie ici-bas au point de la désirer éternelle ». Puis il s'est repris, se rendant compte que cela n'a pas besoin d'être enseigné, tellement cela correspond à un instinct fondamental. Cependant il a ajouté Il faut qu'ils les hommes aiment la vie ici-bas »84. Mais cette vie est conditionnée par la santé du corps. Aussi le philosophe attache à la santé une grande importance Il est de l'intérêt de chaque homme de bien veiller à sa santé »85. A cette époque la mortalité était grande et l'hygiène n'était pas encore connue. Aussi le pédagogue ne craint pas d'écrire dans La grande didactique tout un chapitre sur l'art de prolonger la vie » chap. XV. 86 Lab. schol. Patakini obitorum Coronis, in pars ΠΙ, col. 1046 ; en italique dans le texte. 45L'homme doit prolonger l'activité créatrice de Dieu en mettant la terre en valeur. Comenius voit dans cette activité une collaboration de l'homme avec Dieu. C'est une idée fondamentale dans sa philosophie. Dans son discours d'adieu prononcé à Sarospatak, par exemple, il disait à ses auditeurs Je viens de vous dire que vous devez attendre ces pleines moissons de la bonté divine et de votre courage. Je mets ensemble ces deux choses, car Dieu lui-même souhaite leur coopération et il veut qu'elles aillent toujours de pair »86. 87 Dédicace de La grande didactique, 34. 88 Schola pansophica, in pars ΠΙ, col. 57-58. 89 Ibid., in pars ΠΙ, col. 56 20. 90 Dédicace de La grande didactique, 31. 91 Cf. XXXIII, 18, 19 et Dédicace de La grande didactique 30, 31, 33. 46Il insiste sur cette collaboration surtout dans le travail de l'éducation ; l'homme doit faire croître les germes que Dieu a déposés en lui. Et c'est Dieu qui éveille chez certains hommes le désir de travailler à la réforme des écoles87. Aussi offrir pour les écoles la dîme de ses biens, c'est travailler à la gloire de Dieu88. Vouloir le bien il s'agit, ici, de chercher à répandre l'instruction, chercher les moyens pour y arriver est la voie royale pour arriver là où Dieu veut que nous allions »89. Pour exhorter les autorités à développer les œuvres d'éducation, notre auteur emploie, selon le cas, les exhortations ou les objurgations mômes des prophètes Maudit soit celui qui fait mollement le travail de Yahvé »90. Il évoque la vocation divine » des maîtres, car ils ont été appelés pour planter le ciel et asseoir solidement la terre. Isaïe, Ll, 16. » DM. XXXIII, 12. Répandre la vérité c'est glorifier Dieu », dit-il en reprenant les paroles de Grégoire-le-Grand91. 47Toute la vie de Comenius a été un engagement dans l'action éducative sociale et politique. C'était donc tout le contraire de l'indifférence mystique ». Son action éducative sera suffisamment mise en relief au cours de cette étude. Nous ne parlerons pas, ici, de son engagement religieux et politique ; disons seulement que c'étaient ses préoccupations constantes. L'œuvre de sa vie a été le grand ouvrage Délibération universelle sur la réforme des affaires humaines dont le titre seul dit assez l'ambition qui animait notre auteur. 48Comme on l'a constaté, des idées importantes sont exprimées par des symboles religieux ou fondées sur l'autorité des Ecritures. Dans une société profondément laïcisée et parfois hostile à la religion, on est porté à leur donner moins d'importance ou même à les rejeter catégoriquement. C'est par exemple ce qu'a fait Piobetta dont la traduction française ne donne de La grande didactique qu'un texte tronqué. 92 Cité par Gusdorf G., Les principes de la pensée au siècle des lumières, Paris, 1971, p. 350 E. Fa ... 49Cependant il faudrait se rendre compte que l'expression religieuse n'est souvent qu'un revêtement sous lequel on trouve des intuitions profondément humaines, donc acceptables par tout le monde. Cela ne se trouve pas seulement chez Comenius. Emile Faguet dit, par exemple, que les divers courants de pensée du xviie siècle - jansénisme, thomisme, molinarisme, semi-pélagianisme, quiétisme - n'étaient que les formes que prenaient chez ces hommes les idées fondamentales et les sentiments profonds. … Leur pensée, au lieu de devenir un système philosophique, prenait comme forme et comme expression une des interprétations diverses du christianisme qui existaient alors. » Ces formes de pensée, dit encore Faguet, étaient, pour l'homme qui les adoptait, sa philosophie intime, son tour d'esprit même »92. C'est pour cela que les discussions sur la grâce ont eu un tel impact sur le public, en France. 50Chez notre auteur il semble évident que l'expression religieuse est seconde par rapport à l'adhésion à des valeurs qui étaient unanimement acceptées dans l'Unité ; il les a intériorisées et puis il les a exprimées et justifiées dans un langage religieux dans certaines de ses œuvres puisque c'était une manière normale de procéder pour son époque. Mais dans d'autres œuvres, il justifie les mêmes principes celui de l'égalité des hommes, par exemple par des arguments purement rationnels. Nous suivrons ce développement en détail dans un autre chapitre Former l'homme - section La nature humaine est une et identique chez tous les hommes. Voici en abrégé cette justification. Tous les hommes appartiennent à la même humanité parce qu'ils ont les mêmes notions communes, etc. Si on retranche quelque catégorie à ce tout, on en détruit l'intégralité. Voilà pourquoi il faut étendre l'instruction à tous les peuples les barbares y compris. 51Ni les arguments religieux ni les arguments rationnels n'ont la puissance de modifier cette adhésion intime à des valeurs en dépit de ce que certains croient sinon par une évolution très lente qui s'étend parfois sur des siècles. C'est ainsi que, même des saints ou des philosophes qui vivaient dans les sociétés où l'égalité n'était pas étendue indistinctement à tous les individus humains refusaient d'étendre le privilège d'être des images de Dieu à ces individus-là. cf. saint Augustin et saint Thomas, et sur le plan purement philosophique Jefferson. 93 DM. IX, 7 ; trad. de la Bible de Jérusalem. 52Inversement, notre bon Comenius qui accorde tant d'autorité aux Ecritures, récuse celle de l'apôtre Paul quand celui-ci écarte les femmes de l'enseignement et par conséquent de l'instruction. Que personne ne m'objecte, dit-il avec la plus grande assurance, cette sentence de l'Apôtre Je ne permets pas à la femme d'enseigner 1. Timothée II, 12 »93. Pourquoi le fait-il sinon parce qu'il ne pouvait pas renoncer à une valeur qu'il avait faite profondément sienne ? 94 Schimberg A., L'éducation morale dans les Collèges de la Compagnie de Jésus sous l ’ ancien régime... 53La manière dont Comenius conçoit les rapports entre Dieu et l'homme a des conséquences importantes. A son époque, pour glorifier Dieu on rabaissait l'homme ; on a signalé même une tendance à faire de l'anéantissement de l'homme un indispensable hommage à la souveraineté de Dieu » ; on écrasait la liberté de l'homme pour exalter la puissance de Dieu94. On ne voyait pas le danger que représentait cette façon de faire. Lorsque l'homme prendra conscience de sa valeur propre en tant qu'être libre, lorsqu'il se rendra compte que la condition de l'homme sur la terre n'est pas réglée par un destin immuable, mais qu'il peut travailler à augmenter son bonheur terrestre, il aura l'impression qu'il ne pourra le faire qu'en se révoltant contre Dieu. C'est ainsi que le marxisme redonnera de la force au mythe de Prométhée, comme si le bonheur de l'humanité ne pouvait être établi que par des héros qui devraient l'arracher à la jalousie de Zeus. Pour d'autres philosophes, l'homme, pour devenir pleinement maître de sa destinée, devait d'abord proclamer la mort de celui qui le maintenait dans la sujétion. - Pour la religion c'était un vrai désastre. 54La philosophie de Comenius, si elle avait été généralisée, aurait permis de l'éviter. Sans doute dans cette philosophie l'homme se trouve en face d'un autre Etre dont il doit accepter la qualité de créateur. Mais il ne se sent pas écrasé par cette présence. Au contraire, l'homme a été créé libre ; les relations que Dieu établit avec lui sont fondées sur l'amour, le bonheur de l'humanité est voulu par Dieu ; quand l'homme veut devenir le maître de l'univers, il entre dans les desseins de Dieu. Dans une telle philosophie il n'y a pas de place pour Prométhée. Une telle vision du monde, si elle avait été plus répandue, aurait pu, peut-être, donner un autre cours à l'histoire religieuse en Occident après le xviiie siècle. Notes 1 Genèse, I, 26 et 27 ; trad. Bible de Jérusalem. 2 Tresmontant C., Les origines de la philosophie chrétienne. coll. Je sais, je crois, no 11, p. 97. 3 Ibid., p. 98. 4 Ibid, p. 100. 5 Ibid., p. 99. 6 La sainte Bible, trad. en français, sous la direction de l'Ecole biblique de Jérusalem ; Paris, 1961, p. 10, note a. 7 Saint Thomas, Somme théologique, Ia, art. 4 ; trad. A. Patfoort, o. p. Ed. du Cerf, p. 96-97. 8 La pampédie, II, 23 ; trad. Unesco. 9 Ibid III, 27 ; trad. Unesco. 10 L'école de la petite enfance, IV, 5 ; trad. Prévot. 11 De utilitate accuratae Rerum…, in pars IIΙ, 12 La pampédie, IX ; in Cons. II, col 121. 13 Ibid., IIΙ, 14 ; trad. Unesco ; cf. aussi Panegersie, in Cons. I, col. 30. 14 Ibid., III, 20 ; trad. Unesco. 15 1er Epître de saint Jean, IV, 8. 16 La panegersie, V, 9 ; in Cons. I, col. 37. 17 Ibid. IV, 14 ; in Cons. I, col. 30. 18 Cf Denis E., La fin de l'indépendance bohême, t. I et II, Paris, 1930. 19 Vita gyrus. in pars IV, 20 Heyberger A., Jean Amos Comenius, Paris, 1928, p. 217. 21 Ibid., 22 Gusdorf G., La révolution galiléenne, Paris 1969, t. Π, p. 43. 23 Hildesheimer F., Le jansénisme. L'histoire et l'héritage, Paris, 1992, p. 134. 24 Cf Cons. I, Mundus spiritualis, chap. IV, col 1071. 25 La grande didactique, chap V, sous-titres pour les paragraphes 1 et 2. 26 V, 23 ; cf. aussi Pans. prod. 15. 27 La pampédie, chap. X ; V classe in finem. 28 Cons. I, col. 1052. 29 Ibid., col. 580 4 et col. 978. 30 Ibid., col. 1130. 31 Ibid., col. 1130. 32 La pampédie, II, 19 ; trad. Unesco. 33 IX, 1 et sous-titres des paragraphes 1 et 2 ; cf aussi La pampédie, I, 6 et 11. 34 Cf. Gravissimum educationis momentum §67. 35 Ce passage a été traduit très tendancieusement par Piobetta de la façon suivante Pareillement il importe d'éclairer aussi les sujets afin qu'ils sachent se tenir sagement dans leur état de sujets à l'égard de ceux qui les gouvernent avec sagesse. » Il traduit ainsi Parere prudenter » ! - Des traducteurs d'autres langues ont une version pareille à la nôtre. 36 Via lucis, XIV, 16,18. 37 La pampédie, II, 1 ; trad. Unesco. 38 Via lucis, XIV, 16. 39 Ibid., XIV, 16. 40 DM. XXIX, 7 ; trad. Piobetta. 41 Via lucis, XIV, 17. 42 Cité par Compayré G. 43 Simon J., Rénovation de l'enseignement du français, in La pédagogie contemporaine, Gabaude et colt., 1972. 44 Gusdorf G., L'avènement des sciences humaines au siècle des lumières, Paris, 1973, p. 126. 45 Cité par Gusdorf G„ Dieu, la nature, l'homme au siècle des lumières, Paris, 1972, p. 178. Citation extraite de Voltaire, Essai sur les mœurs - œuvres complètes, éd. Dupont, 1823, t. XV. p. 25. 46 DM. IX, 5 ; trad. Prévot. 47 Paris, 1978. 48 Idem., p. 312. 49 Idem., p. 312. 50 Idem., p. 324. 51 Idem., p. 330. 52 Idem., p. 330. 53 La pampédie, II, 30 ; trad. Unesco. 54 Calò G. trad. italienne de La grande didactique, p. 34 55 La pampédie, II, 11 ; trad. Unesco. 56 Gusdorf G., La révolution galiléenne, t. II, Paris 1969, p. 196. 57 Idem., L'avènement des sciences humaines au siècle des lumières, Paris, 1973, p. 288. 58 Onstott K., Mandingo, Paris, 1964, p. 284. 59 Ibid., p. 507. 60 Gusdorf G., La conscience révolutionnaire - Les idéologues, Paris, p. 226. 61 Pannuthesia, VII, 8, in Cons. II, col. 744. 62 Cf. par exemple 43. 63 La pampédie, VI, 18 XV. 64 Pannuthesia, VI, 7, in Cons. II, col. 733. 65 Ibid., V, 4 in Cons. II, col. 723. 66 In Nouvelle Histoire de l'Église, t. 2. Le Moyen Âge, p. 456. 67 La pampédie, V, 4. 68 Cité par Gusdorf G., La conscience révolutionnaire. Les idéologiques, Paris, p. 158. Rousseau Du contrat social 1762 livre IV, chap. VIII. Pléiade t. III, p. 465. 69 Warnier P., Marx pour un chrétien. 70 Urs von Balthasar, Dieu et l'homme aujourd'hui. 71 Clausse A., Traité des sciences pédagogiques ; t. 2. Histoire de la pédagogie, p. 165. 72 Via lucis, XIV, 7. 73 La pampédie, ΧΙΠ ; Du choix du mode de vie » ; in Cons. II, col. 210. 74 Pans. prod. 109. 75 Ibid., 52. 76 La pampédie, Ht, 22 ; ce conseil est répété en ΙΠ, 42 ; trad. Unesco. 77 Ibid., IIΙ, 11 ; trad. Unesco. 78 Ibid., IIΙ, 42 ; trad. Unesco. 79 Ibid., IV, 6 ; cf aussi XXIV, 24. 80 V, 9 ; trad. Piobetta. 81 Ibid., V, 14 ; trad. Piobetta. 82 Snyders G., La pédagogie en France aux xviie et xviiie siècles, Paris, 1965, p. 81. 83 Idem, p. 76. 84 La pampédie, ΙII, 16 ; trad. Unesco. 85 Ibid., IIΙ, 17 ; trad. Unesco. 86 Lab. schol. Patakini obitorum Coronis, in pars ΠΙ, col. 1046 ; en italique dans le texte. 87 Dédicace de La grande didactique, 34. 88 Schola pansophica, in pars ΠΙ, col. 57-58. 89 Ibid., in pars ΠΙ, col. 56 20. 90 Dédicace de La grande didactique, 31. 91 Cf. XXXIII, 18, 19 et Dédicace de La grande didactique 30, 31, 33. 92 Cité par Gusdorf G., Les principes de la pensée au siècle des lumières, Paris, 1971, p. 350 E. Faguet. XVIIe siècle, Boivin, p. 446-447. 93 DM. IX, 7 ; trad. de la Bible de Jérusalem. 94 Schimberg A., L'éducation morale dans les Collèges de la Compagnie de Jésus sous l ’ ancien régime xvie, xviie, xviiie siècles, Paris, 1913, respectivement p. 54 et p. 56. Cette publication numérique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractères.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser en voyageant en Europe, le pays abritant le plus de châteaux au kilomètre carré n'est ni la France et ses châteaux de la Loire, ni l'Allemagne et ses châteaux de contes de fée en Bavière. Le véritable épicentre pour qui souhaite visiter des châteaux est le Pays de Galles, qui compte plus de châteaux par kilomètre carré que tout autre pays d'Europe. Des montagnes du nord de Snowdonia à la baie de Swansea au sud, des châteaux semblent y avoir poussé un peu partout. Pourquoi un tel nombre ? L'explication se trouve en partie dans l'histoire du Pays de Galles qui a longtemps été un territoire contesté. S'opposant pour les terres galloises, les Normands, les Gallois et les Anglais, menés par l'expansionniste Édouard Ier, ont tous érigé des forteresses épiques avec un pic de construction aux 13e et 14e siècles. Le grand nombre de châteaux gallois n'a d'égal que leur variété. Pour un petit pays », explique l'historienne Kate Roberts, nous avons à peu près tous les types et formes architecturaux, y compris des châteaux concentriques avec des défenses à douves, des châteaux avec de gigantesques portails bien fortifiés, des châteaux qui utilisent toutes les défenses naturelles et des châteaux conçus être de belles résidences luxueuses. » Pour les amateurs de châteaux, Kidwelly Castle peut sembler familier - on peut le voir dans le film Monty Python Sacré Graal !PHOTOGRAPHIE DE K J Bennett, Alamy Stock Photo L'HISTOIRE GRAVÉE DANS LA PIERRE Cette grande variété de châteaux suggère à quel point les forteresses reflètent l'histoire tumultueuse et changeante du Pays de Galles. Prenez par exemple le château de Chepstow, qui couronne une falaise surplombant la rivière Wye. La forteresse du 11e siècle a d'abord été l'un des premiers postes de commandement normands construits par William FitzOsbern, un proche allié de Guillaume le Conquérant. Mais ce fut son successeur, le commandant William Marshall, qui transforma le château en une formidable forteresse normande, construisant la première guérite à deux tours de Grande-Bretagne. Le château remplissait une double fonction il servait également de dépôt pour l'or et l'argent collectés par Marshall. Mais ce qui frappe le plus en visitant le château de Chepstow sont ses portes en bois massives - les plus anciennes d'Europe - qui étaient à l'origine gainées de plaques de fer pour à la fois repousser les envahisseurs et protéger les trésors pillés par Marshall. Carreg Cennen, dans le sud du Pays de Galles, se dresse sur un haut mont rocheux et propose une autre leçon d'histoire régionale. Lord Rhys ap Gruffudd », dit Roberts, a joui d'un règne long et prospère en tant que prince, étendant son territoire à travers le sud-ouest du Pays de Galles et gagnant le respect de ses contemporains, dont Henri II. Mais sa vie a ensuite été en proie à des conflits familiaux alors que ses fils se disputaient la réalité du pouvoir ; il a fini par être emprisonné par eux ». Castell y Bere, au sommet d'un affleurement isolé dans une vallée de Snowdownia, est un excellent exemple de château gallois construit par un prince natif de la région, Llywelyn le Grand. Bien que les princes gallois ne disposaient pas des mêmes ressources architecturales et du savoir-faire artisanal tournés vers les besoins de la couronne d'Angleterre, la forteresse du 13e siècle, construite pour protéger la frontière sud du domaine de Llywelyn, était solide. Malgré les ajouts faits par Édouard Ier après avoir fait main basse sur la forteresse en 1283, le château reste fondamentalement un château princier gallois », explique l'historien Bill Zajac, et il présente un certain nombre de caractéristiques, notamment deux tours en forme de D. » Si Castell y Bere est un modèle de forteresse galloise classique, le château de Conwy est l'exemple stellaire des châteaux beaucoup plus opulents érigés par le roi Édouard Ier. Le roi offrit au maître maçon James de Saint George une somme conséquente pour ériger un cercle de hautes tours, des murs rideaux, une salle centrale monumentale et des créneaux massifs. C'est l'un des circuits de ville médiévale les plus complets au monde », note Roberts, offrant une vue sur les montagnes déchiquetées de Snowdonia et la ville médiévale de Conwy en contrebas. Et bien qu'il ait dépensé énormément d'argent pour faire édifier ce château et les murs de la ville, Edward Ier n'a réussi à y séjourner qu'une seule fois lorsque les Gallois se sont rebellés en 1284, il a passé un Noël très triste et humide dans le château, réconforté par un unique baril de vin. Au 15e siècle, le château de Raglan est devenu une impressionnante demeure seigneuriale occupée par divers DE RDW Aerial, Alamy Stock Photo DE LA FORTERESSE À LA MAJESTUEUSE DEMEURE Au fil du temps, les châteaux gallois ont changé de forme. Au fur et à mesure que les guerres intestines s'éteignaient, ils ont lentement évolué, passant de forteresses et de postes de commandement principalement faits de pierres à des demeures majestueuses décorées de certains des plus beaux objets d'art du Pays de Galles, entourées de jardins élaborés. Le château de Raglan est un excellent exemple de cette évolution. Les parties les plus anciennes du château », dit Roberts, remontent aux 13e et 14e siècles, mais ce que les visiteurs voient aujourd'hui date principalement du 15e siècle, lorsque Raglan est devenue une grande demeure seigneuriale, abritant de somptueux appartements entourant une cour. Les ajouts tardifs du 16e siècle comprennent une conversion en une magnifique maison de campagne élisabéthaine, entourée de terrasses, de jardins et d'un lac. Une armée de gargouilles fantaisistes et de sculptures héraldiques encadrent les cours du château, témoignage des fioritures artistiques qui ont commencé à parer les forteresses d'origine. » Parmi les splendeurs du château de Powis se trouvent une tente de cérémonie intacte de sultan, des tapisseries tissées à la main et un somptueux jardin en DE imagesBV, Alamy Stock PhotoLe château de Caerphilly est un autre exemple d'une forteresse en constante évolution. Cet imposant château du 13e siècle édifié dans le sud du Pays de Galles, érigé par le baron normand Gilbert le Rouge pour bloquer l'avancée d'un prince gallois, se voulait impressionnant, et c'est réussi. C'est, derrière le château de Windsor, le deuxième plus grand château de Grande-Bretagne. Forteresse modèle, elle reposait sur une série de fortifications concentriques, trois ponts-levis et cinq ensembles de doubles pour repousser les envahisseurs. Mais lorsque le château, réduit en ruines après la guerre civile anglaise, passa aux mains des marquis de Bute, à la fin du 18e siècle, la forteresse fut réaménagée en un manoir très courtois. Le château de Penrhyn a été construit au 19e siècle pour un riche propriétaire minier, qui l'a rempli de l'une des collections d'art les plus impressionnantes du DE Photo Nonstop, Alamy Stock PhotoParmi les rénovations supervisées par les marquis successifs au cours des deux siècles suivants, on compte un plafond en bois magnifiquement sculpté dans la grande salle et une série de riches moulures encadrant les fenêtres. Aujourd'hui, son lac et son parc de chasse sont un rêve esthétique éveillé pour les amateurs de châteaux. Le château de Powis, juché sur un rocher proéminent près de la frontière anglaise, est une autre forteresse médiévale qui a été réinventée en une vitrine artistique lorsqu'elle est devenue la maison de la famille aristocratique Clive au 19e siècle. La riche gamme d'artefacts que Robert Clive et son fils Edward ont rapportés d'Inde comme butin colonial, dont une tente de cérémonie de sultan remarquablement bien conservée, occupe une place de choix dans la collection du château. Il y en a pour tous les goûts dans les galeries du château tapisseries tissées à la main, mobilier baroque et un portrait de Lady Henrietta Clive réalisé par Joshua Reynolds. Le spectacle se poursuit à l'extérieur, dans les jardins italo-français en terrasse de 100 000 mètres carrés qui encadrent le château. Le paysage luxuriant présente des ifs taillés et des parcelles de fleurs, le tout ponctué d'une orangerie. CHASSE AUX TRÉSORS Dans certains cas, des châteaux gallois plus récents ont été conçus, dès le départ, comme de grandes maisons de plaisance. C'est le cas du Château de Penrhyn, une fausse structure néo-normande hérissée de tours en saillie et de créneaux, aux faux airs de forteresse. Le château a été construit au début du 19e siècle pour le très riche propriétaire d'une mine du nord du Pays de Galles comme une sorte de fantaisie médiévale. Il a été spécialement conçu pour contenir l'une des plus belles collections de peintures du Pays de Galles ; présentant tout, des paysages hollandais du XVIIe siècle aux portraits espagnols et aux chefs-d'œuvre vénitiens, y compris une toile de Canaletto représentant le Grand Canal. Un jardin clos ajoute au débordement artistique. Construit pour le riche Lord Bute, Castle Coch est niché dans les collines du sud du Pays de DE Billy Stock, Alamy Stock PhotoCastell Coch est un autre exemple de château conçu comme une œuvre d'art en soi. Le château rouge » du 19e siècle a été érigé sur le site d'une forteresse normande du 11e siècle dans un style néo-gothique par le riche Lord Bute. Le résultat - un favori des mariages et des équipes de tournage - est un château qui semble tout droit sorti d'un conte, avec des tours coniques et un pont-levis romantique. Les intérieurs fantaisistes ajoutent au charme du lieu les plafonds voûtés sont sculptés - pourquoi pas ? - de légers papillons. Ma pièce préférée », dit Roberts, est le salon avec ses magnifiques peintures murales basées sur les Fables d'Esope. C'est une vision du Moyen Âge au 19e siècle, une explosion de couleurs et de fantaisie. » Il y a une autre caractéristique qui ajoute à l'attrait des châteaux gallois. S'ils évoquent à la fois l'histoire mouvementée du Pays de Galles et l'évolution des styles architecturaux et artistiques, ils permettent également d'admirer la beauté naturelle du pays. Généralement situés sur un terrain élevé, tels des belvédères défensifs impénétrables, ils offrent souvent une vue imprenable sur les routes, les rivières, les vallées et les montagnes du Pays de Galles. Le château de Rhuddlan se trouve ainsi au-dessus d'un tronçon de la rivière Clwyd. Le château de Harlech est perché au-dessus d'une digue presque verticale, surplombant les dunes en contrebas et soutenu par les sommets de Snowdonia. Et le château télégénique de Kidwelly - présenté dans la scène d'ouverture de Monty Python Sacré Graal ! - est situé près de l'embouchure de la rivière Gwendraeth Fach. Faisant désormais partie du paysage local, ces châteaux robustes sont les emblèmes d'un pays de Galles qui n'a cessé de changer de forme, mais qui peut maintenant, enfin et très heureusement, vivre en paix. Raphael Kadushin est l'éditeur de trois anthologies de voyage. Jusqu'à récemment, il était rédacteur en chef DE l'Université du Wisconsin Press. Cet article a initialement paru sur le site en langue anglaise.
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